1 200 milles avec NavimetriX : ce qu’il fait bien, ce qu’il ne fera pas à votre place

En avril, j’ai publié un premier avis sur NavimetriX. Six mois plus tard, cet avis n’a pas changé mais je vous apporte plus d’informations.

Depuis juillet, je l’utilise de façon intensive en stage : environ 1 200 milles, en Bretagne Sud, de la baie de Quiberon à Brest, et en Méditerranée. Sur tablette ou sur téléphone, selon le bateau. De la version 1.9.81 en avril à la 1.25.154 installée très récemment.

Ce qui a changé

En avril, j’étais déjà satisfait de l’outil, en bonne partie grâce à son aspect prometteur et à un support qui répondait vite.

Il y avait pourtant quelques défauts : des latences d’affichage, parfois et toujours au mauvais moment (un navire qu’on croise et l’AIS pas à jour, le passage délicat et l’appli qui freeze) et des écrans de configuration un peu compliqués.

Depuis la version 1.21, je n’en ai plus eu de problème. L’affichage, complètement refondu dans cette version, est plus lisible, plus optimisée, les menus plus clairs et plus pratiques. C’est cette version qui a changé mon usage à bord et l’a, selon moi, rendu particulièrement accessible.

D’autres fonctions sont arrivées depuis : la connexion simultanée de plusieurs sources NMEA, un livre de bord en 1.24, la génération de polaires, le suivi de la navigation en direct par les proches, le rejeu de la météo d’une navigation passée. Je ne m’en sers pas vraiment en stage. Mon usage reste celui des fondamentaux de la navigation, et je ne parlerai pas de fonctions que je n’ai pas encore éprouvées en mer. Je compte toutefois beaucoup sur le livre de bord qui me semble très intéressant.

Un routage complet en 3 minutes

Dans cette vidéo, je vais vous montrer la puissance de l’outil en vous montrant qu’on est capable de construire un routage en 3 minutes. Évidemment, dans la vraie vie, on n’a pas besoin que ce soit fait en 3 minutes, mais plus que ce soit bien fait. Néanmoins, la simplicité de l’outil est évidente dans cette vidéo.

Pour recevoir cette vidéo entière, inscrivez-vous ici :

Ce que j’en fais en stage

À bord, souvent, ce sont mes stagiaires qui naviguent. Ils préparent et suivent leur route sur la carte papier. NavimetriX, c’est moi qui m’en sers, pour vérifier.

Pendant la préparation, je contrôle que leur plan est cohérent avec la météo, je vérifie leurs estimations d’heure d’arrivée. En route, je vérifie qu’ils le suivent, et qu’on reste bien à l’écart des dangers.

Quand un stagiaire fait le point par trois relèvements, c’est la même chose. Un relèvement avec de la houle peut être imprécis et peut prendre un peu de temps. Le triangle obtenu peut être large, on peut être sorti du triangle, je peux leur montrer. Par ailleurs, une erreur de lecture à la règle Cras suffit à placer le bateau ailleurs. L’écran me permet de leur montrer quelques secondes que cela ne tient pas.

Je m’en sers aussi pour préparer les navigations plus longues, avec parfois un routage pour optimiser la route.

Sur votre bateau, vous pouvez vous passer de la carte papier mais vous ne pouvez pas éviter la préparation. Avant un passage comme celui du Béniguet en baie de Quiberon, vous préparez vos relèvements. En route, ils vous permettent de suivre votre progression, et de vérifier que la position GPS est bonne et que l’application, quelle qu’elle soit, n’est pas freezée. L’écran devient un second avis, pas la première source.

Ce que l’outil ne fera pas à votre place

Martin était en charge de la navigation, et je lui avais confié l’entrée de Lorient par la passe ouest. Nous avions fait le tour de Groix par l’ouest, et le vent de nord-est nous avait emmenés vers Port-Tudy avant d’entamer une remontée vers le nord.

Comme souvent avec l’écran, Martin, en cabine, avait les yeux rivés sur la tablette.

Tout allait bien. De son point de vue.

Je l’ai invité à remonter une première fois. Il a vu qu’on pouvait loffer. On a loffé, puis il est redescendu, sans regarder le paysage.

Le bateau a continué sa progression. À l’est de la cardinale ouest. Je suis descendu pour m’assurer qu’il avait vérifié qu’on pouvait la court-circuiter. Il l’avait fait.

Je lui ai dit : « On a du trafic, ici. »

Il m’a répondu : « Oui, je les vois à l’AIS.

– Et ceux qui n’ont pas d’AIS ? »

Il m’a regardé. Sourire crispé. Il est monté dans le cockpit.

Il a regardé, il a fait le tour d’horizon. « Je ne voyais pas ça comme ça. Il est où, le chenal ? »

Je lui ai montré des balises rouges et des balises vertes. Laquelle était laquelle sur la carte ? Ce n’était pas clair.

« On est en sécurité, ici ?

– Bah, je crois », m’a-t-il répondu en redescendant vers sa tablette.

Apprendre l’outil, et ce qu’il ne fait pas

NavimetriX dit très bien où est le bateau. Navimetrix vous affiche très bien la météo. Navimetrix vous donne une route fond. Navimetrix vous propose d’excellents routages. Cependant, il ne dit pas ce qu’on voit depuis le pont. Ça, ça s’apprend. Il ne dit pas ce qu’est un Grib, il ne dit pas ce qu’est une route fond et pourquoi il faut s’en méfier sur une application. Navimetrix ne vous apprend pas à critiquer un routage.

Je prépare une formation en ligne qui enseigne les deux : se servir de NavimetriX, et naviguer avec, sans lui confier ce qui reste votre travail. Des capsules courtes, construites à partir de situations concrètes : un passage délicat, un doute sur la position GPS, une marque mal identifiée.

Pour être prévenu du lancement, pré-inscrivez-vous ci-dessous, sans engagement. Les inscrits seront informés les premiers, avec une offre qui leur est réservée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *