NavimetriX : avis et retour d’expérience d’un moniteur de voile

Temps de lecture : 6 minutes

Depuis quelques temps, NavimetriX est devenu mon outil de navigation principal à bord. Je l’ai testé en conditions réelles, au cours de stages et de croisières, sur des plans d’eau exigeants. Je vous livre ici un retour d’expérience détaillé, avec les points forts, les bugs rencontrés et ce que l’équipe de support en a fait.

Mais je vais aussi vous dire une chose : avoir la meilleure application de navigation électronique du marché ne fera pas de vous un chef de bord autonome. Et c’est souvent là que le bât blesse chez les plaisanciers en progression.

Pourquoi j’ai choisi de tester NavimetriX ?

J’avais déjà expliqué dans un article précédent sur le choix d’un outil de navigation électronique les critères qui me semblent importants. NavimetriX cochait plusieurs cases qui comptent pour moi :

  • Une société française, avec une équipe joignable, qui connaît bien la navigation.
  • Une application multiplateforme (Android, iOS, utilisable sur PC), pratique quand on forme des équipages aux configurations variées.
  • Une version gratuite aux fonctionnalités déjà étendues, ce qui compte dans un contexte pédagogique.
  • Une simplicité d’utilisation affichée, que je voulais vérifier sur l’eau.

J’ai donc installé l’application sur mon Samsung S21 pour un premier stage.

Première utilisation : un démarrage poussif

Soyons clair : ma première semaine avec NavimetriX n’a pas été un long fleuve tranquille. Plusieurs problèmes sont apparus :

  • Consommation électrique élevée, plus marquée que sur les applications que j’avais l’habitude d’utiliser.
  • Fermetures inopinées régulières de l’application.
  • Disparition ponctuelle du panneau d’instruments en cours de navigation.
  • Quelques points d’ergonomie sur la gestion des POI et de l’échelle de temps des fichiers GRIB.

J’ai pris le temps d’envoyer un retour détaillé à l’éditeur. La réponse du support, est arrivée très vite : une analyse point par point des treize remarques que j’avais soulevées, avec des hypothèses techniques concrètes (gestion énergétique de Samsung, permissions GPS, etc.) et des propositions d’investigation.

Selon moi, ce n’est pas anecdotique. Un éditeur qui prend le temps de répondre précisément à un utilisateur, c’est rare. Et c’est un très bon signal !

Deuxième utilisation : une transformation complète

Quelques semaines plus tard, après la mise à jour en version 1.9.81, j’ai repris l’application pour une nouvelle semaine de navigation. Cette fois, j’avais aussi connecté le NMEA du bateau.

Résultat :

  • Aucune fermeture inopinée sur toute la semaine.
  • Consommation électrique maîtrisée (le fait de ne plus solliciter le GPS interne du téléphone compte probablement beaucoup).
  • Une seule disparition ponctuelle du panneau d’instruments, contre des occurrences régulières la fois précédente.
  • Connexion NMEA : d’une simplicité remarquable, alors que c’est souvent un calvaire avec d’autres applis.

Les vrais points forts de NavimetriX

Ses fichiers GRIB et ses cartes d’analyse

C’est probablement l’un des points les plus forts de l’application en version payante. Les données météo disponibles sont riches : modèles multiples, données en temps réel, couches superposables. Pour préparer une route, anticiper une bascule de vent ou comprendre une dépression qui arrive, c’est un outil de premier ordre.

Attention, un fichier GRIB ne vaut que ce que son utilisateur en fait. Savoir lire une carte isobarique, identifier un gradient serré, interpréter la divergence de modèles : rien de tout cela n’est donné par l’application. C’est un savoir-faire qui se construit, en stage, avec un moniteur.

Une création de route fluide

La création et la modification d’une route dans NavimetriX sont d’une fluidité rare. On ajoute, déplace, supprime des waypoints sans friction. En cours de navigation, quand les conditions changent, c’est précieux.

Là encore, la fluidité de l’outil ne dispense pas de la vraie question : est-ce que ma route est bonne ? Est-ce qu’elle tient compte de la marée, du courant, de la route fond, des dangers, des zones de refuge, des capacités de mon équipage ? C’est exactement le type de compétence qu’on construit pas à pas dans un parcours de chef de bord.

Une connexion NMEA vraiment simple

Brancher l’application à la centrale de navigation du bateau est d’une simplicité qui tranche avec la concurrence. On accède instantanément au vent, à la vitesse surface, à la profondeur, aux données AIS. Bénéfice collatéral : on ménage sa batterie.

Un support réactif et franc

Après ma seconde semaine, j’ai signalé trois nouveaux points (flèche AIS incorrecte sur un voilier, affichage de vent réel à -9687°, incompréhension sur les coordonnées GPS en bas d’écran). Retour à nouveau rapide du support :

  • Le bug d’affichage du vent : confirmé, pris en compte.
  • La flèche AIS : piste d’investigation ouverte sur le traitement du COG.
  • Les coordonnées GPS : pas un bug, mais ma mauvaise lecture de l’interface : il s’agit des coordonnées du centre de la carte, sous le réticule, pas de ma position.

Cette dernière réponse illustre bien ce que j’apprécie dans Navimetrix : la pertinence de l’outil avec une qualité du support. J’ai même l’impression de collaborer et les réponses me font progresser.

Ce que NavimetriX ne fera jamais pour vous

Je vois régulièrement des plaisanciers bien équipés (téléphone dernier cri, applications payantes) mais qui ne savent pas interpréter ce que l’outil affiche. Route surface et route fond confondues, par exemple. Position parfaitement connue, mais aucune anticipation des dangers à venir. GRIB affiché, mais stratégie de navigation inexistante.

NavimetriX, aussi bien conçu soit-il, ne vous apprendra pas :

  • À définir ce qu’est naviguer en sécurité (connaître sa route fond actuelle, anticiper la suivante, définir les limites d’évolution du voilier, tracer une route qui en tient compte).
  • À décider quand changer de voilure, faire demi-tour, ou modifier sa destination.
  • À tenir votre rôle de chef de bord sur la durée d’une navigation, avec un équipage, dans la fatigue, dans le doute.
  • À arbitrer entre plusieurs informations contradictoires (que faire quand la météo du jour diverge du GRIB de la veille ?).

Un outil, aussi performant soit-il, ne remplace pas le jugement. Et le jugement du chef de bord, ça se forme.

En résumé

NavimetriX est aujourd’hui mon outil de navigation principal. Il est performant, bien conçu, porté par une équipe française réactive et à l’écoute. Je le recommande dans sa version payante sans réserve aux navigateurs qui cherchent une application solide.

Mais un bon outil est un amplificateur. Il amplifie les compétences du navigateur qui s’en sert et ceci, dans les deux sens. Si vous voulez devenir autonome en mer, vraiment autonome, c’est votre pratique, votre méthode et votre jugement qu’il faut travailler en priorité. L’application viendra ensuite, naturellement.


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