Choisir son outil de navigation électronique

J’ai remarqué que les plaisanciers voulaient presque toujours utiliser un outil de navigation électronique pour naviguer. Et finalement, ils ont raison, on est en 2026 !

Il y a de nombreux outils sur le marché, avec des fonctionnalités variées et nombre d’entre eux sont de grande qualité. En revanche, derrière l’utilisation de la navigation électronique, il y a un impensé : en quoi suis-je plus certain d’être en sécurité avec la navigation électronique ?

La question est souvent plus complexe qu’il n’y paraît. En voiture, votre GPS ne vous affranchit pas de savoir conduire. En voilier, non plus. Je suis certain que vous êtes d’accord avec cette affirmation.

Pourtant, la navigation électronique sur un voilier est souvent utilisée pour gagner le stade de l’autonomie plus rapidement, dit autrement, je n’ai pas besoin d’utiliser la carte papier, je vais utiliser ma navigation électronique et je saurai faire. Dit encore autrement, je peux peut-être m’affranchir de l’apprentissage de la navigation papier.

Ce qui revient à dire : utilisant la navigation électronique, je n’ai pas besoin d’être compétent en navigation papier pour être autonome.

Et là, je m’étrangle un peu. Cela ne m’empêche pas de dormir car je ne suis pas équipier de ce type de chef de bord, mais quand-même, je partage leur plan d’eau.

Je constate que certains naviguent sur leur voilier sans connaître la différence entre route surface et route fond. Certains naviguent sans anticiper un danger et s’en sécurisent en regardant leur position à l’écran et en utilisant leur cap, comme seule sécurité.

J’ai vu des personnes utiliser Nav & Co pour outil de navigation.

J’ai vu des personnes utiliser Navionics sans savoir ce qu’était une route fond.

Je ne peux pas faire une estimation sérieuse.

Je peux juste affirmer : certains plaisanciers utilisent des outils sans savoir comment les utiliser et s’en remettent à l’outil pour garantir leur sécurité.

Comment choisir un outil ? On en revient toujours à la même question : je veux utiliser un outil, mais pour quoi faire ?

Souvent, la réponse sera : pour me sécuriser ! Alors, définissons ce qu’est vraiment la sécurisation de la navigation.

  1. Connaître ma route fond actuelle
  2. Anticiper ma route fond à venir
  3. Définir les limites d’évolution en sécurité de mon voilier (quelles limites ne pas dépasser ?)
  4. Définir une route m’emmenant à destination en prenant en compte des éléments précédents

C’est finalement assez simple et votre responsabilité de chef de bord est de vous assurer que ces points sont tenus à jour en permanence. Votre sécurité ne consiste pas uniquement à savoir où vous êtes. C’est bien trop réducteur.

Maintenant que vous avez conscience de ces points, le choix de l’outil sera simple. Personnellement, je suis un grand utilisateur de SailGrib car il me permet de passer simplement de la carte papier à la carte électronique facilement, d’utiliser les cartes Raster avec mon compte Geogarage, d’utiliser les polaires des bateaux que j’utilise, de récupérer les grib, les atlas de courant et de définir un routage en fonction de tous ces éléments.

Sailgrib est loin d’être le seul, mais c’est un très bon outil. En février, je vais commencer à tester Navimetrix et je suis aussi en train de travailler sur un cahier des charges pour aider les personnes à choisir leur outil.

En conclusion, plus que le choix d’un outil, il s’agit d’acquérir les compétences de navigation de base, de définir ce qu’on veut faire de l’outil.

Pourquoi en suis-je arriver à décider de tester NavimetriX ? Les arguments ne sont pas uniquement liés à ses qualités d’outil de navigation, mais il est conçu et développé par des Français (ça compte), il est multiplateforme (Android et IOS et utilisable sur PC), la partie gratuite semble déjà disposer de larges possibilités et il est simple d’utilisation.

Si cela vous intéresse et si vous voulez que je vous informe sur ce projet de choix de navigation électronique, n’hésitez pas à vous inscrire sur ma newsletter.

Votre progression à la voile

Le calme de la pédagogie

En tant que moniteur et coach de voile, ma vision de l’apprentissage d’un marin ou d’une marine correspond à plusieurs phases. Toutes sont importantes et il ne faut pas griller d’étapes, il faut accepter que l’apprentissage peut être long et que chacun aura son propre parcours, sa propre vitesse. C’est mon métier de vous aider à définir votre chemin entre qui vous êtes et le temps que vous consacrerez à la discipline.

Je vous invite à découvrir ces différentes phases et je me tiens disponible pour répondre à vos questions, soit en prenant rendez-vous, soit par mail.

Découverte et bases de la progression à la voile

Vous êtes débutant(e) ou grand(e) débutant(e) et vous allez découvrir une discipline, la voile, particulièrement complète, entre pratique et théorique. Bonne nouvelle ! Il n’y a pas un profil meilleur qu’un autre pour apprendre, on peut préférer la pratique ou la théorique, et dans les deux cas, devenir un bon voileux.

En revanche, pas de voile, sans pratique, sans répétition, sans automatisme.

Dans cette phase, vous allez découvrir le vent, la mer, les allures de navigation du bateau, les manœuvres en mer, au port, au mouillage, la navigation, la météo, les marées, la sécurité. Vous aurez, à la fin, de ce cycle, le bagage nécessaire pour passer à la phase suivante, l’autonomisation à chaque poste.

Cette première phase vous prendra en général entre deux et trois semaines de pratique sur l’eau.

L’autonomisation de l’équipier dans sa progression à la voile

Vous avez acquis les bases et les premiers automatismes, vous aimez la voile et vous sentez cette aspiration pour le large. L’apprentissage en profondeur va pouvoir commencer et votre objectif est maintenant d’apprendre à tenir votre rôle à chaque poste d’équipier sur le voilier.

Vous serez tour à tour, barreur, régleur de grand-voile, de voile d’avant, numéro 1, pianiste et aussi navigateur. À chacun de ces postes, vous ne serez pas encore un expert ou pas encore en mesure de régler le bateau en finesse ou pas encore d’optimiser une route, mais le chef de bord pourra s’appuyer sur votre autonomie, en confiance. Il pourra aussi vous aider à progresser. En plus de la sécurité, c’est aussi son rôle.

À la fin de cette phase, que saurez-vous faire ?

Empanner sous spi ? Vous saurez vous proposer en tant que numéro 1.

Négocier un passage délicat ? Vous saurez mener le pilotage.

Maintenir le bateau dans un vent fort ? Vous saurez régler votre grand voile pour maintenir l’assiette du bateau.

On pourra commencer, sous la responsabilité du chef de bord, à vous confier des quarts.

Combien de temps ? Cette phase dépend de chacun et de sa capacité à naviguer beaucoup. Il faut au moins 5-6 semaines pour terminer cette phase et parfois un peu plus.

Responsabilité et autonomie

Vous maîtrisez les différents postes, vous avez acquis de l’expérience suffisante pour maintenant envisager prendre la responsabilité de chef de bord. Vous en avez envie ! Certains ou certaines n’en ont jamais l’envie et vont préférer se spécialiser à un ou plusieurs postes et devenir des experts, d’autres vont vouloir être chef de bord.

Nous avons besoin de cette diversité sur un bateau et le chef de bord doit pouvoir s’appuyer sur son équipage, ainsi que le faire progresser et chaque équipier a le droit à un chef de bord, fiable, rassurant et aidant. L’objectif premier étant la sécurité du bord, de l’équipage, et le maintien en état du navire.

Vous l’aurez compris : chef de bord, c’est à la fois des compétences techniques et des compétences humaines.

Cela repose sur une connaissance approfondie des manœuvres, de la navigation, de la sécurité à bord et sur des méthodes, rigoureuses, exigeantes. J’aime parler de checklists et de routines de chef de bord.

Chaque moment du bord doit reposer sur ces checklists de contrôle et de suivi. Un regard sur le gréement, un regard sur les éléments de sécurité, un regard sur la forme de l’équipage, un suivi de l’état des batteries, suis-je bien en veille sur le canal 16? quel est l’état du ciel ? Pas de grain en vue ? La météo évolue-t-elle ? Quelle est ma route fond ? Quelle est ma position ? À quelle heure mangerons-nous ?

Et si on faisait une manœuvre de récupération d’humain à la mer (HLM) ?

Et pour ce départ ? Les hublots sont bien fermés ? Quelle manœuvre de départ ? Quelle marée ? Quelle voilure choisir en fonction du temps ? Avec quel équipage ? Celui-ci est-il bien équipé ? La navigation que j’envisage est-elle adaptée à mon équipage ?

Savoir être chef de bord, c’est savoir se poser les bonnes questions et savoir y répondre. Sans éluder. Sans éviter le problème. Sans reporter à demain.

Un problème, je le traite. Savoir tenir son bateau, propre et en état.

Cette phase est possiblement assez difficile à terminer. On peut toujours apprendre et à un moment, il faut se lancer. S’appuyer sur un coach à ce moment crucial de la vie d’un marin est un bon choix.

Il faut environ six semaines pour être autonome en chef de bord.

Précision et exploitation des potentiels du support

C’est ce qu’on appelle, à tort, selon moi, la phase « performance ». Je traiterai un jour ce sujet et je vous dirai ce que j’entends par performance. Il y a de la performance dans toutes les autres phases, ici, je préfère parler précision et exploitation des potentiels du support.

Vous savez maintenant faire avancer votre voilier en sécurité, mais vous voulez aller plus loin, vous voulez le faire avancer à son plein potentiel et optimiser les réglages, comprendre ce qu’on appelle souvent, les réglages fins.

Dans cette phase, les réglages fins vont finir par devenir des réglages. Simplement des réglages. Le réglages de la bordure ne sera plus une option, le choix de la fermeture ou de l’ouverture de chute sera naturelle, la gîte du bateau, une information essentielle. Angle d’incidence, creux, position du creux, vrillage seront votre respiration de régleur.

Si vous voulez aller vers la régate, le RIPAM (Règlement International pour la Prévention des Abordages en Mer) sera relégué (mais pas oublié) derrière les RCV (Règles de Course à la Voile), vous deviendrez un geek des règles car vous comprendrez qu’il n’y a pas de victoire en régate sans connaissance pointue et passionnée des RCV.

Cette phase n’est pas obligatoire et nombre de plaisanciers n’auront pas d’intérêt pour l’aspect pointu de la voile. Parfois, je me dis que c’est bien dommage. Je vois sur l’eau de bien beaux voiliers pas exploités à leur plein potentiel. Parfois, je me dis que le plaisir, pour certain, n’est pas dans cette optimisation. J’oscille, mais ce qui est sûr, c’est que je vois trop de bateaux au port par manque de compétence des propriétaires, je vois trop de bateaux au moteur, dès qu’il y a trop de vent ou pas assez.

Cette phase n’a pas de limite temporelle, on apprend toujours… Et si jamais, un jour, en tant que marin, tu penses savoir, c’est sans doute qu’on t’a mal expliqué !

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Bienvenue sur l’instant et la voile, mon offre de coaching voile !

En quoi cela consiste ?

Une offre déjà disponible dès l’été 2026 pour les amis et les familles qui veulent apprendre la voile ensemble sur un voilier récent. Où ? En Bretagne, nord ou sud, ou Méditerranée. Je m’adapte pour vous.

Il me reste encore des semaines dispo.


Les autres offres, le coaching pour les particuliers, futur.e.s chefs de bord et futurs retraités ainsi que l’offre Aventures & Régates sont en cours d’élaboration, vous en saurez plus en 2026. Vous pouvez vous inscrire à la newsletter pour vous tenir informé.e.

À bientôt.